IFA 2020: Acte de naissance ou de présence pour ce "nouveau" salon de la tech?

IFA 2020: Acte de naissance ou de présence pour ce "nouveau" salon de la tech?

Vous connaissez ces réunions qui auraient pu voire auraient du être des emails? Si je voulais être mauvaise langue, je pourrais dire que l'IFA 2020 aurait pu être un communiqué de presse ou une grande keynote en ligne. Mais ce serait trop facile et surtout (en partie) faux.

La première image que j'ai de ce salon cette année est celle en Une de cet article. Je rejoins mon confrère David à l'entrée Sud du complexe "Messe Berlin", le centre d'exposition. On est mercredi matin, aux starting blocks pour écumer le salon et les quatre ou cinq conférences prévues ce jour-là. 

Et dès mon arrivée, je vois ce duo de musiciens, qui tentent tant bien que mal de mettre un peu d'ambiance à l'entrée du salon presque totalement déserte. La scène me rappelle tout de suite le fameux passage du film Titanic, où un groupe de musiciens, sentant le naufrage imminent et inévitable, décident de jouer un dernier morceau avant que le navire ne prenne définitivement l'eau. 

On ne peut pas parler d'un nauffage pour l'IFA 2020, mais force est de constater que le "nouveau" format hybride, mêlant salon physique et espaces numériques, n'est pas l'innovation qu'on nous a tant fait miroiter. 

Leçon d'une première fois ou baroud d'honneur désespéré?

Initialement, lorsque l'organisation de l'IFA 2020 a annoncé que le salon serait fermé au public, seuls 800 journalistes étaient censés obtenir l'accréditation pour accéder aux locaux. En tout et pour tout, le nombre de participants sur chaque journée du salon ne devait pas dépasser 1000 personnes, afin de rester dans le cadre des mesures de restrictions imposées par Berlin sur les rassemblements. 

Vu l'affluence pendant les deux jours que j'y ai passé, je doute que ce quota ait été atteint. Ne serait-ce que pour la France, les mesures de restriction imposées par l'Allemagne ont empêché la quasi-totalité des délégations françaises de venir sur place. Idem pour les équipes de comm' des différents constructeurs. 

Honor, TCL et Realme sont parmi les seuls à avoir proposé des keynotes avec des intervenants physiquement présents. Pour le reste, la plupart des conférences étaient numériques et retransmises en live, pas besoin donc d'être sur place pour les suivre. 

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Non, je n'étais pas en avance à cette keynote de TCL pour l'IFA 2020. / © NextPit

Ne parlons pas des stands, dont celui de Huawei était véritablement le SEUL à ne pas faire peine à voir. Mais dans tous les cas, il n'y avait aucune réelle nouveauté à se mettre sous la dent. Très peu de prises en main possibles et on a pu faire le tour de l'unique Hall d'exposition en une après-midi à peine. 

C'est le jour et la nuit quand je repense à l'IFA 2019 et mes longues heures de marche, de course d'un Hall à l'autre alors que j'appelais mes contacts presse, en sueur, pour décaler chaque rendez-vous d'un quart d'heure tant j'étais perdu dans l'immensité du salon. 

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Le stand de Huawei, rare brin de normalité à l'IFA 2020. / © NextPit

Mais en même temps, il serait injuste de juger cet IFA 2020 à l'aune de ses éditions passées. Forcément, les précautions sanitaires et les nombreux imprévus n'ont pas permis de donner la dimension ni l'aura souhaitée initialement par l'organisation. 

C'est une tâche beaucoup trop titanesque que d'imaginer un nouveau format pour un événement de cet ampleur et espérer que tout se passe bien dès la première fois. Pour autant, je reste plus dubitatif quant à la partie physique que celle numérique du salon.

Du coup, l'IFA l'an prochain, IFAut y aller ou pas?

Un salon comme l'IFA, ça se vit. C'est une expérience particulière pour un journaliste mais aussi pour tout technophile. Le fait de pouvoir échanger avec les constructeurs, de pouvoir toucher les produits, rencontrer des confrères et consœurs n'est en rien comparable à une keynote qu'on regarde en télétravail sur Youtube, vautré dans son canapé en pyjama.

Mais c'est justement cette partie phyisique qui a le plus souffert dans l'élaboration du nouveau format hybride. Il n'y avait tout simplement pas assez à se mettre sous la dent pour justifier notre présence sur place. C'est horrible d'être sur un salon en tant que journaliste et se retrouver en milieu d'après-midi sans rien avoir à écrire. 

Le produit le plus intéressant sur lequel j'ai pu mettre la main est un sextoy connecté Satisfyer Air Pulse Pro 2 que les attachés presse m'ont offert mais je ne peux même pas l'utiliser puisqu'il est conçu pour les femmes! Sérieusement, je n'exagère vraiment pas, le stand Satisfyer était THE événement du Hall d'exposition. C'est assez révélateur de la relative tristesse de ce que les stands avaient à proposer.

En revanche, l'IFA a plutôt bien réussi à proposer des canaux de communication alternatifs pour ceux et celles n'ayant pu faire le déplacement. Certains constructeurs, comme Honor, ont chargé leurs équipes de comm' à Paris de retransmettre dans leurs locaux la conférence à certains journalistes français. Ils on même pu prendre en main certains produits. 

L'organisation a d'ailleurs mis en place toute une partie 100% numérique du salon avec IFA Xtended. Disponible via le site officiel de l'événement, il s'agit d'un hub numérique qui réunit des stands virtuels de plusieurs exposants qui n'ont pu venir sur place. 

Démos virtuelles, keynotes et même prises en mains, le but était de proposer aux absents l'IFA 2020 comme s'ils y étaient. Une effort d'inclusivité de l'organisation que je ne peux que saluer et qui est une réussite. 

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Dans IFA Xtended, on peut se déplacer virtuellement entre les différents stands. / © IFA Berlin

Mais pour que la dimension hybride de l'IFA fonctionne réellement, il faut rendre la partie physique du salon plus attractive. Je ne parle pas des mesures sanitaires et de distanciation sociale, qui sont indispensables et qui ont d'ailleurs plutôt bien été respectées dans l'ensemble. 

Je parle de donner envie aux gens, journalistes ou non, mais surtout aux professionnels de l'industrie de venir. Il faut plus qu'un unique Hall pour accueillir une quinzaine de stands seulement. Mais tout cela ne sera possible que si l'organisation persiste et défend son bilan, de sorte à rassurer les grandes marques comme Samsung, pour qui le jeu du risque sanitaire n'en valait pas la chandelle. 

Cet IFA 2020 en demi-teinte l'est donc pour des raisons essentiellement circonstancielles. Mais il ne fait aucun doute que l'organisation devra redoubler d'efforts pour rendre cet événement encore plus attractif, peu importe à quel point il serait plus facile pour les constructeurs de faire leurs propres keynotes en live. 

J'espère sincèrement pouvoir revenir l'an prochain et ne pas devoir regarder l'IFA 2021 sur Youtube. 

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1 commentaire

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  • Luna depuis 2 semaines Lien du commentaire

    Le covid c'est plutôt le virus qui cache l'infection dans les relations entre les États-Unis et la Chine, pas sûr qu'il aura encore des rassemblements mondiaux à l'avenir dans ces conditions de sanctions et de restrictions, c'est bien le pire.