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Livrer avant tout ? Les boutiques en ligne face au confinement

Mis à jour : La cour d'appel de Versailles rejette l'appel d'Amazon, qui suspend à nouveau ses activités en France
Livrer avant tout ? Les boutiques en ligne face au confinement

Comme tout média tech, nous avons comme habitude de vous donner un lien d'achat vers une boutique en ligne. Les centres d'achat tech en ligne à l'instar d'Amazon ou Fnac-Darty doivent cependant faire aux difficultés actuelles. Les employés de ces enseignes ont dénoncé la semaine dernière les risques sanitaires qu'ils encouraient faute de matériels de protection. Voici un état des lieux de la situation de la livraison de produits non-essentiels en France.

Situation de plus en compliquée pour Amazon

La bataille juridique entre Amazon et la justice française semble être rentrée dans une nouvelle phase. Vendredi dernier, le tribunal de Versailles s'est prononcé sur l'appel présenté par Amazon et statué de la manière suivante :

L’ordonnance rendue le 14 avril 2020 en ce qu’elle a ordonné à la S.A.S. Amazon France Logistique de procéder, en y associant les représentants du personnel, à l'évaluation des risques professionnels inhérents à l'épidémie de Covid-19 sur l'ensemble de ses entrepôts ainsi qu'à la mise en œuvre des mesures prévues à l’article L. 4121-1 du code du travail en découlant.

La décision avait été, sans réelle surprise, très mal accueillie par le géant américain qui ne comprenait pas en plus pourquoi la liste des produits essentiels avait été élargie aux catégories high-tech, informatique, bureau, animaux, santé et soins du corps, homme, nutrition, parapharmacie et enfin épicerie, boissons et entretien.

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Travailleurs Amazon / © Amazon

Face à cette situation et ne voulant pas payer des pénalités qu'elle calcule à un milliard d'euros par semaine, la société vient d'annoncer qu'elle va prolonger la suspension de ses activités dans l'Hexagone :

L’astreinte, telle que précisée par la Cour d’Appel, pourrait impliquer que même un taux infime de traitement accidentel de produits non-autorisés, de l’ordre de 0,1%, pourrait entraîner une pénalité de plus d'un milliard d'euros par semaine, explique l'e-marchand. Malheureusement, cela signifie que nous n’avons pas d’autre choix que de prolonger la suspension temporaire de l’activité de nos centres de distribution français alors que nous évaluons la meilleure façon d’opérer au regard de la décision de la Cour d’Appel.

Retournement de situation

Les choses évoluent très vite dans le secteur des livraisons à domicile en France. Alors que le baromètre Foxintelligence vient de confirmer que la consommation des ménages français aurait baissé de près de 35 %, une décision de justice visant Amazon France rabat les cartes dans le secteur des livraisons des produits non-essentiels. Voici un tableau résumant la situation des achats en ligne dans le pays réalisé par le site spécialisé ecommerce-nation :

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Impact du COVID-19 sur les achats en ligne / © ECN

Hier, le tribunal judiciaire de Nanterre a pris une décision de justice qui aura certainement un effet immédiat sur les activités d'Amazon France mais également sur les habitudes de consommation de millions de Français désireux de se divertir en ces temps de confinement. Le géant américain doit désormais restreindre ses activités aux seules "marchandises essentielles" sous peine d'amendes se chiffrant à hauteur de millions d'euros. Comme l'explique le communiqué repris par l'AFP sur Twitter, il s'agit de protéger la sécurité et la santé des employés du groupe vis-à-vis des risques liés au COVID-19. 

Concrètement, Amazon est contraint de ne vendre en ligne et de ne livrer que des produits de première nécessité qui relèvent essentiellement de l’alimentation, de l’hygiène ou de la santé. Les habitués des services de la plateforme à l'instar des abonnés des services Amazon Prime ne pourront par conséquent plus commander des produits de loisir (jouets, high tech, informatique, décoration, ustensiles pour jardiner, etc.) ou culturels (livres, jeux vidéo, DVD, albums de musique, etc.). Toute livraison de ce ce type devra d'ailleurs être suspendue.

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Etat des livraisons en France / © ECN

Cette décision de justice impose également à l'entreprise un audit des risques sur ses employés, notamment dans ses centres de tri. Dans un communiqué partagé avec nos confrères de Frandroid, Amazon France s'est naturellement dit contrarié par ces mesures :

Nous sommes en désaccord avec la décision rendue aujourd’hui par le tribunal judiciaire de Nanterre. Nous évaluons actuellement ses implications pour nos sites logistiques français. Nous continuerons également à travailler avec toutes les parties prenantes et à apporter les éclaircissements nécessaires comme nous l’avons fait depuis le début de cette crise sans précédent.

Pour rappel, cette action fut initiée par le syndicat Sud Commerce qui avait déclaré dans un communiqué de presse, paru le 8 avril, que la part des marchandises essentielles dans les activités d’Amazon France se situait aux alentours de 10 %. Les syndicalistes demandaient à l'Etat d'agir en vue de la protection des salariés au regard d'une activité qui se concentrait à 90% sur des commandes pouvant attendre. 

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Impact du COVID-19 sur le e-commerce / © ENC

Les livraisons de produits non-essentiels

Depuis samedi dernier, Amazon a cessé de livrer des produits non-essentiels en France et en Italie. Alors que se multipliaient les témoignages de ses employés français relayés par Bruno le Maire qui avait dénoncé des pressions "inacceptables", le géant américain avait été pris dans la tourmente du débat concernant le pré-carré des produits de première nécessité. Un exemple de ce débat demeure les livres. Le ministre de l'économie s'était inquiété de savoir si les librairies pourraient ou non rester ouvertes ainsi que de la concurrence déloyale (le fait de pouvoir livrer en masse des livres) exercée par l'entreprise de Jeff Bezos.

Quoiqu'il en soit, certains salariés d’Amazon ont projeté la semaine dernière la possibilité d’exercer leur droit de retrait, estimant que les conditions sanitaires n'étaient pas réunies pour travailler. Ce rapport de force a largement contribué à faire pencher la balance en faveur d'une livraison exclusive de produits prioritaires. Conséquence depuis dimanche, il n'est plus possible de commander livres, objets connectés ou encore de la lingerie sur le site d'Amazon. 

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Amazon / © Amazon

L'enjeu des livraisons en temps de confinement est une question essentielle pour l'e-commerce. Bien qu'en pleine croissance, ce secteur a franchi le "cap historique" des 100 milliards d'euros, avec une hausse de plus de 11%. Depuis le début de la crise du coronavirus, l’e-commerce a fait encore mieux, avec des ventes qui ont grimpé de 15%" révèle le cabinet conseil en influence Escal Consulting. 

Le site de la Fnac par exemple a vu les achats en ligne augmenter de 350% sur son site internet. Son partenaire Darty n'est pas en reste puisqu'il enregistre une hausse de 200%. Côté business, le groupe Fnac-Darty venait de connaître un début d'année encourageant avec des chiffres intéressants au niveau des ventes sur site, chose assez inhabituelle pour une période creuse après les fêtes. Dès lors, les ventes en lignes semblent avoir pris le relais grâce à la vente de PC, tablettes, imprimantes, webcam ou encore casque.

C'est bien évidemment la question de la transmission du virus au contact des livreurs voire du carton qui pose problème. Bien que les études scientifiques estiment que le virus ne survivrait que 24 heures sur du carton, des précautions sont actuellement prises dans le secteur des livraisons. Par exemple, Rue du Commerce a cessé de livrer dans les points relais mais continue de livrer à domicile via Colissimo et Chronopost. La livraison Chronopost est d'ailleurs offerte à partir de 150 euros. L'entreprise propose aussi un "Pack Reprise" qui vous permet d'essayer des produits pendant un an.

Quant à l'enseigne Electro Dépôt, elle a fermé les portes de ses boutiques mais elle reste active en ligne puisqu'il est possible de commander sur son site internet. Les frais de port pour tous les produits de petite taille qui pèsent moins de 30 kilos sont désormais de 1 euro. Mais la nouvelle la plus importante est venue du côté de La Poste. Cette dernière a fait savoir qu'elle ne distribuera le courrier que trois jours par semaine à partir du 30 mars. Chronopost et UPS continueront néanmoins d'assurer leur service de livraison.

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Amazon / © Kraft74 / Shutterstock.com

Tout comme les autres boutiques en ligne, il est désormais impossible de procéder à un retrait en magasin chez Darty, Fnac, CD Discount et Boulanger. Ces boutiques ont en effet fermé leurs magasins ainsi que leurs nombreux points relais en France. La seule solution reste la livraison à domicile mais les délais de livraisons sont susceptibles d’être allongés. Pour le groupe FNAC-Darty par exemple, les dépannages n’auront lieu que pour les interventions jugées importantes (problèmes de froid, de cuisson et de lavage). L'enseigne donne aussi la priorité aux personnes âgées et les foyers au sein desquels vivent des familles nombreuses. « Nous nous déplaçons en priorité chez les familles nombreuses et les personnes âgées isolées », précise une porte-parole qui ajoute : « La situation évoluant au jour le jour, nous pouvons à nouveau modifier ces règles ». 

CDiscount, débordé par les commandes, a lui aussi allongé depuis quelques jours ses délais de livraison. « Nous annonçons désormais des délais de trois à cinq jours », explique une porte-parole qui souligne : « Nous avons fait le choix de ne pas recruter trop de main d'œuvre dans nos entrepôts pour qu'ils ne soient pas trop denses ».

Et vous, êtes-vous des habitués de la livraison de produits tech ? Achetez-vous en ligne plutôt qu'en magasin ? 

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Les commentaires préférés des lecteurs

  • Luna depuis 4 mois

    En période de confinement c'est justement dans les livraisons à domicile que tous les efforts doivent être faits pour permettre aux gens de rester chez eux.
    On ne peut pas tout arrêter, on peut cibler ses efforts et la livraison à domicile est ce dont on a tous besoin en ce moment.

16 Commentaires

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  • Mince de mince ! J'ai failli pouvoir commander sur Amazon des masques FFP2.
    J'espère que le coronavirus ne sera pas mis au courant que je n'ai pas de masques.


  • Quand je vois Services maintenus mais perturbés pour Colis Privé, Colissimo et quelques autres, ça me fait bien rigoler. Même avant le confinement, c'était leur fonctionnement normal.


  • phil depuis 3 mois Lien du commentaire

    C'est un peu pathétique quand même, Amazon n'est pas foutu d'organiser le travail pour que ses salariés puissent travailler correctement en sécurité... pas sa connerie il met aussi un bon nombre de PME en difficulté et pas seulement hors de France...

    Pour ma part je continue de commander, car il faut aussi penser à donner du travail aux autres si on a les revenus et le besoin...


  • Je constate que les "Travailleurs Amazon" ont TOUS le sourire sur la photo !

    C'est parce qu'ils sont heureux de participer à une "grande œuvre" dans une "belle entreprise" qui leur permet de s'épanouir et ainsi de le (dé)montrer

    OU ALORS

    Ils n'avaient pas le choix, c'était ça ou Pôle Emploi.


    Alors plutôt réponse A ou réponse B ? 😜


  • Faites comme moi, vraiment, renoncez à vos commandes en ligne, celles que vous n'avez pas encore validé, mais en cours d'élaboration, et celles que vous envisagiez dans un futur proche.
    Il n'empêche que ça m'emm.., j'avais prévu de d'acheter chez Amazon une alim d'imprimante, mais j'attendais un répit dans la propagation du virus pour minimiser les risques de transmission par livraison de colis.
    Pourquoi Amazon? Pour les frais de livraison gratuit et pour la garantie de retour marchandise.


  • Faudrait vraiment arrêter avec le Amazon bashing. Je reçois tous les jours des pubs de LDLC ou Matériel.net avec des promos sur les alim pc, cartes graphiques ou clavier gaming!! Je ne crois pas que ce soit des produits essentiels... Mais comme c'est des bonnes boites françaises on dit rien? Le jour où ils auront un service commercial comme celui d'Amazon je reprendrai des trucs chez eux... Désolé mais le confinement a tendance à jouer sur mes nerfs 😅


  • Pour les livraisons encore faudrait-il que La Poste assure les livraisons ! Chez moi les facteurs ne livrent plus ni colis ni recommandés et le bureau postal est fermé jusqu'ànouvel ordre....il faut faire plus de
    10kms pour se rendre au centre ville pour les récupérer ... il y a pourtant moyen d'accuser réception avec un smartphone et de déposer un colis sans aucun contact ... donc je ne passe plus aucune commande


    • Je me marre, si si ils livrent mais par à-coups, je viens de recevoir d'un coup 3 semaines de magazines habituellement livrés pour un exemplaire par semaine.


  • Luna depuis 4 mois Lien du commentaire

    En période de confinement c'est justement dans les livraisons à domicile que tous les efforts doivent être faits pour permettre aux gens de rester chez eux.
    On ne peut pas tout arrêter, on peut cibler ses efforts et la livraison à domicile est ce dont on a tous besoin en ce moment.


    • Les grands-mères (abonnées, cela représente la majorité, peu d'hommes restent seuls dans leurs propres habitations souvent isolées) sont bien contentes de continuer à me voir pas seulement pour le canard (ou pour ma tête 😉) mais bien plus pour ne pas se sentir abandonnées, elles n'ont pas toutes droit à l'aide à domicile quand celles-ci, les aides ménagères, sont encore autorisées à travailler.


  • Si je ne suis pas un client attitré des magasins en ligne, je peux affirmer que chez moi dans la campagne bourguignonne, La Poste a déjà arrêté la livraison du courrier depuis hier (les sacs de journaux que je leur livre étaient restés en vrac devant leur porte ce matin à 4 h 15, demain, je constaterai si cela est intermittent ou définitif, faute d'en savoir plus...)

    A l'heure où je commence à tourner, les coronavirus ne sont pas encore levés sauf les miens 😉
    Après 5 h 30 cela devient différent et j'essaie de limiter les contacts au minimum sans moyens de protection individuel, les abonnés sont relativement bien disciplinés.
    Si les infirmières libérales que je croise sont équipées en masques et gants mais sans sur-blouses, je constate que les aides-ménagères n'ont au mieux que des masques type H5N1 datant de la dernière pandémie donc périmés...

    Donc je ne vais pas me plaindre, le confinement dans ma région est plus facile à supporter et assez peu contraignant comparativement à une agglomération dense.

    Encore une fois, je trouve des avantages à habiter loin de la grande ville.


    • Chapeau bas d'être déjà au boulot à 4h15 😲👍

      Bien d'accord avec toi, la vie à la "campagne" est un bonheur par rapport à la ville. 30 ans de Paris, 5 ans de Provence, pour rien au monde je ne retournerais dans des grandes villes et encore moins à Paris, épidémie ou pas. Je plains sincèrement tous ceux qui sont obligés d'y vivre à cause du travail, surtout les provinciaux qui sont "montés" à Paris et qui connaissent donc bien la différence de qualité de vie par rapport à la province.

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