À chaque fois que des manifestations prennent de l’ampleur en Iran, le régime iranien recourt à aux moyens de répression habituels : il coupe l’accès à l’internet. En 2023, l’appel « Femme, vie, liberté » a résonné dans les rues d’Iran. Accablées par la dévaluation spectaculaire de leur monnaie, des milliers de personnes protestent de nouveau chaque jour dans les rues de Téhéran, tout comme dans d’autres villes. Mais le régime ne veut pas que le reste du monde s’aperçoive de ces manifestations de masse. C’est ainsi que la quasi-totalité de l’accès à internet du pays a été interrompu.

Pour les personnes sur place, l’accès à internet est essentiel à leur survie. Sans lui, ces gens ne peuvent pas coordonner leurs efforts, diffuser des vidéos des attaques brutales et souvent mortelles des forces de l’ordre, ou faire appel à l’aide internationale. Cet isolement numérique vise à étouffer les manifestations dans l’œuf et à camoufler les crimes du régime. Ce n’est pas qu’une question de communication, des vies humaines sont en jeu. Et ce n’est pas une exagération ! La question primordiale est la suivante : comment pouvons-nous aider de l’extérieur ? Il existe en effet des moyens simples et efficaces de construire un pont numérique.

Comment construire un internet libre avec Snowflake

Il existe depuis longtemps un jeu du chat et de la souris entre la censure étatique et l’activisme numérique. Au cœur de ce jeu, les technologies décentralisées comme Snowflake sont une arme cruciale. Le régime des ayatollahs traque et bloque systématiquement les services VPN bien connus. Et puis, bien sûr, il y a la technologie Starlink d’Elon Musk. Le problème, c’est que la contrebande du matériel de réception de cette technologie satellitaire est passible de peine de mort. C’est pourquoi Snowflake est une approche décentralisée à laquelle un gouvernement peut difficilement remédier.

Son fonctionnement est aussi simple qu’ingénieux et le programme ne nécessite que quelques clics de la part des personnes qui apportent leur aide. Dans le cas présent, je parle bien de vous :

  • Il vous faut installer l’extension de navigateur gratuite (pour Chrome, Firefox, Edge). Ce faisant, votre propre ordinateur devient un pont temporaire (proxy) pour les personnes se trouvant dans des pays censurés. Vous mettez à disposition une petite partie de votre propre bande passante internet sans que votre propre utilisation s’en ressente.
  • Snowflake sert en quelque sorte de « rampe de lancement » pour le réseau anonyme Tor. Le nom Tor signifie « The Onion Router » (le routeur oignon), car les données sont acheminées à travers plusieurs couches et serveurs cryptés. Cela ressemble à un oignon, et permet de dissimuler l’identité de l’utilisateur. En tant qu’assistant, vous fournissez le premier point d’accès crucial à ce réseau protégé.
  • C’est précisément là que réside le génie du système. Avec plus de 120 000 volontaires dans le monde entier qui fournissent actuellement leurs ordinateurs comme ponts, cette activité a donné naissance à un énorme réseau d’adresses IP en constante évolution. Il est pratiquement impossible pour un régime d’identifier et de bloquer toutes ces connexions privées, d’apparence suspecte.

Il vous suffit donc de télécharger l’extension Snowflake appropriée pour votre navigateur, ou de vous rendre sur cette page sur votre smartphone et de l’activer. En haut du navigateur, vous verrez non seulement l’icône du flocon de neige, mais aussi un chiffre. Ce chiffre indique le nombre de personnes qui ont été en ligne au cours des dernières 24 heures grâce à votre bande passante.

Eine Infografik erklärt die Browser-Erweiterung "Snowflake".
Une façon très simple et pourtant vitale de venir en aide. Source de l'image : nextpit / Infografik erstellt mit NotebookLM

Cette méthode est-elle sécurisée ?

L’association du réseau Tor avec ce que l’on appelle le « dark net » suscite presque inévitablement des inquiétudes chez bon nombre d’entre nous. Dans le cas de Snowflake, cependant, ces inquiétudes ne sont pas fondées. Le projet est conçu pour garantir une sécurité maximale à la fois pour ceux qui cherchent de l’aide et pour ceux qui la fournissent.

Et cette fonctionnalité est parfaitement légale. L’utilisation de Snowflake et le partage de votre propre bande passante sont tout à fait légitime en France comme dans beaucoup d’autres pays. En effet, les officiels estiment que l’utilisation du réseau n’est pas illégitime, seulement la consommation ou l’offre de contenus illégaux. Avec Snowflake, vous ne faites que mettre à disposition une ressource technologique, ce qui est pleinement autorisé par la loi.

Vous vous posez certainement la question quant à vos données ? Oui, vous êtes en sécurité à tout moment. L’extension du navigateur n’a pas accès aux documents, aux courriels ou à d’autres informations privées se trouvant sur votre ordinateur. Elle sert simplement d’interface pour rediriger le trafic de données.

Pour tromper les censeurs, Snowflake utilise également un déguisement astucieux. Il s’agit de la technologie WebRTC, qui camoufle le trafic de données en appel vidéo ou vocal ordinaire. Ce type d’activité n’est pas suspect pour les censeurs. Il serait beaucoup trop complexe et coûteux pour le régime d’essayer de vérifier toutes ces connexions. La personne que vous souhaitez aider reste ainsi totalement anonyme. La méthode est donc délibérément conçue pour être simple, sûre et sans risque juridique.

En conclusion, chaque connexion compte !

Snowflake est une méthode simple, légale et sûre que chacun peut utiliser pour contribuer efficacement à la lutte pour la liberté en Iran et à la lutte contre la censure dans d’autres États autoritaires. Avec un minimum d’effort, votre propre ordinateur devient partie intégrante d’un réseau mondial de solidarité qui franchit les murs de la censure et offre aux gens l’accès à des informations vitales.

Vous voulez aider ? Si c’est le cas, n’hésitez pas ! Les liens mis à disposition sont très pertinents et il est très facile de les activer en quelques secondes. Le compteur de mon navigateur est déjà à deux chiffres aujourd’hui, et rien que de voir ça, ça fait chaud au cœur, croyez-moi !