The Legend of Khiimori : un jeu de chevaux pas comme les autres
La plupart des jeux de chevaux sont ennuyeux, et une fois que vous avez joué à l’un d’entre eux, vous avez pour ainsi dire joué à tous ceux qui existent. Qu’il s’agisse de sauver le ranch de votre grand-père, de dompter un cheval normalement indomptable ou de remporter cette compétition où vous n’aviez aucune chance, chacun de ces jeux se résume généralement à la même boucle de gameplay répétitive. Acheter ou élever un cheval, le dresser, le soigner, gagner la compétition, et on recommence.
Et c’est là que Khiimori se démarque du lot. Le jeu vous plonge dans la nature sauvage de la Mongolie où vous vous glissez dans la peau d’un coursier à cheval. Par conséquent, la boucle principale du jeu consistera à traverser des terrains traîtres pour effectuer des livraisons difficiles. Et bien que les quêtes puissent ne pas paraître très excitantes sur le papier, Khiimori s’avère vraiment à la hauteur.
D’après le peu de temps que j’ai passé sur le jeu, je peux vous dire que Khiimori est véritablement immersif. Au cours de votre périple à cheval, vous rencontrez des obstacles difficiles, vous ramassez du fourrage et vous n’êtes pas forcé de passer par des sentiers prédéfinis. Ainsi, même si ce terrain boueux près de la rivière peut sembler être un bon raccourci au premier coup d’œil, il peut rapidement se transformer en un détour épuisant si vous n’avez pas le bon cheval.
Le monde ouvert : Le plus grand défi de Khiimori
Je suis le développement de Khiimori depuis un certain temps maintenant, et j’ai commencé très tôt à douter de la faisabilité du concept. De base, le jeu s’appuie sur un vaste monde ouvert, un projet qui est un véritable défi à relever, et ce surtout sans une équipe de concepteurs de grande envergure.
S’il est assez facile de construire d’immenses mondes ouverts, les rendre vivants devient rapidement un défi. Souvent, les petits studios tombent dans le piège de créer des mondes géants qui ont l’air superbes mais qui dégagent une sensation de froideur dès le départ. Mais jusqu’à présent, il semble que Khiimori ait réussi à trouver un équilibre délicat.

Tout au long de ma partie, aucune zone ne m’a semblé identique à une autre, et le design du monde n’était pas seulement intéressant, il avait aussi un aspect organique et dynamique. Et cela n’est pas seulement dû à la conception du monde du jeu : le cheval joue également un rôle, et il devient rapidement le ciment qui assure la cohésion du jeu.
Les chevaux
Je sais, je sais. J’ai dit que The Legend of Khiimori n’était pas un jeu de chevaux typique et qu’il ne correspondait pas vraiment à cette description. Cependant, cela ne veut pas dire que les chevaux ne sont pas le pilier central du jeu. Et si vous avez déjà regardé un documentaire sur la Mongolie rurale, vous comprendrez que c’est logique. Ce n’est pas seulement Khiimori qui tourne autour des chevaux, c’est aussi chaque aspect de la vie en Mongolie à cette époque, et même jusqu’à aujourd’hui.
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Les chevaux de ce jeu sont magnifiques. Et si vous dites le contraire, vous avez objectivement tort. Le poney mongol est emblématique, et j’adore qu’ils aient choisi de donner à ce poney dur et trapu la reconnaissance qu’il mérite. Mais le design des chevaux n’est même pas la plus grande force du jeu. Khiimori parvient à faire en sorte que ceux-ci paraissent vivants de l’intérieur, et pas seulement beaux à l’extérieur.
Dès que vous descendez de cheval, celui-ci s’éloigne et vous le trouverez en train de brouter dans le coin d’herbe le plus proche. Le fait que des chevaux s’éloignent de vous n’est pas un mécanisme nouveau, mais un cheval qui s’éloigne en direction de la nourriture ? Si votre cheval n’est pas satisfait de l’itinéraire que vous avez choisi, il vous le fera savoir subtilement. Et même les chevaux qui peuplent les petits enclos du village semblent avoir leur personnalité propre à chacun.

En ce qui concerne les animations, le jeu est au top également dans ce domaine. Dans d’autres jeux, j’ai tendance à galoper partout parce que le trot donne l’impression d’être… décalé. Oui, c’est toi que je regarde, Red Dead Redemption. Mais ce n’est pas le cas ici. Bien sûr, certaines animations sont encore à peaufiner mais c’est normal à ce stade.
Les graphismes : parce qu’ils sont importants
Khiimori est le genre de jeu qui ne fonctionnerait pas sans de superbes graphismes. Et heureusement, le jeu est à la hauteur. En roulant, je me suis surpris à m’arrêter plus d’une fois pour admirer les magnifiques paysages. De manière générale, le style graphique convient bien au jeu, ce qui est toujours agréable.
Cependant, ces beaux graphismes s’accompagnent d’un inconvénient de taille : la configuration requise. Et surtout pour un jeu comme Khiimori, cela peut rapidement devenir un problème puisque le jeu cible un public qui n’aura pas forcément une machine de guerre à la maison pour faire tourner ses jeux. On m’a toutefois assuré que l’optimisation était une priorité pour les développeurs, et qu’il y aurait même une sorte de mode « pour grille-pain » pour ceux qui ont des difficultés à faire tourner le jeu sur leur configuration.
Un tableau qui n’est pas entièrement rose
Si vous avez lu jusqu’ici, vous avez peut-être l’impression que The Legend of Khiimori est assuré d’être le prochain grand jeu qui va battre la concurrence à plates coutures. Et ne vous méprenez pas : le potentiel de ce jeu est énorme, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des aspects qui me chiffonnent.
L’une de ces choses reste la conception du monde. Je n’ai joué que 45 minutes, il est donc normal que tout me paraisse frais et nouveau. Mais est-ce que ce sera encore le cas après 20 heures de jeu ? Le jeu se trouve actuellement à la croisée des chemins, il se peut donc que son univers devienne soit sa plus grande force, soit sa plus grande faiblesse.

L’histoire du jeu constitue un autre facteur qui déterminera son succès. Au cours du peu de temps pendant lequel j’ai pu essayer le jeu, je n’ai pas pu faire l’expérience de grand-chose en termes d’histoire et de personnages. Et sans une histoire convaincante, l’aspect « quêtes à objets » du jeu pourrait rapidement devenir vide et plat, ce qui serait vraiment dommage car l’univers de Khiimori a tellement de potentiel.
Un risque souvent négligé dont sont victimes de nombreux jeux est la surcharge de fonctionnalités. Khiimori a beaucoup à offrir, ce qui est très bien, jusqu’à ce que lesdites fonctionnalités s’avèrent être un véritable fardeau pour les développeurs. De nombreuses fonctionnalités sont excellentes, mais seulement si elles sont raffinées et ne donnent pas l’impression d’être des cases à cocher sur une liste de contrôle à respecter absolument. Je préfère des fonctionnalités moins nombreuses mais convaincantes plutôt qu’une multitude de fonctionnalités qui finissent par donner l’impression d’être bâclées et incomplètes.
En résumé, un jeu à surveiller !
Ceux d’entre vous qui ont lu jusqu’ici sont probablement intéressés par le jeu. Et pour cause. Khiimori offre un cadre exceptionnel, une bonne base pour une histoire captivante et se démarque de la masse de par son concept. De que j’ai vu jusqu’à présent, le jeu a un gros potentiel qui pourrait fait qu’il tienne presque toutes ses promesses.
Je garderai certainement un œil sur Khiimori au cours de son développement et je vous tiendrai au courant dès que je pourrai obtenir une version en accès anticipé du jeu. Pour l’instant, l’accès anticipé est prévu pour le 4 novembre. Le jeu sera disponible sur Steam, où vous pouvez d’ores et déjà l’ajouter à votre liste de souhaits pour suivre toute l’actualité du jeu.
