Gueule de bois: Retour sur la sale soirée des GAFA devant le Congrès américain

Gueule de bois: Retour sur la sale soirée des GAFA devant le Congrès américain

Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, Tim Cook et Sundar Pichai ont comparu hier devant la sous-commission antitrust de la Chambre des représentants du Congrès américain. Pratiques anti-concurrentielles, propagation de fake news et abus de position dominante, les Gafas ont été passés au grill.

Les patrons de Facebook, Amazon, Apple et Google ont été mis sur la sellette lors d'une audience historique à Washington mercredi 29 juillet. La sous-commission aurait rassemblé 1,3 million de documents dans le cadre de son enquête d'un an sur les géants de la tech américains.

David Cicilline, président de la sous-commission, était d'humeur belliqueuse, accusant les Gafas d'étouffer l'économie nationale et les menaçant d'une procédure d'antitrust, un recours en justice pour pratiques anti-concurrentielles.

Pour Mark Zuckerberg, les questions portaient essentiellement sur la manière dont Facebook acquiert et copie des caractéristiques de ses concurrents pour les éliminer. Jerry Nadler, le représentant de New York, a déclaré que ce type d'acquisition anticoncurrentielle est la raison pour laquelle les lois antitrust ont été conçues.

Le représentant a déclaré que "cela n'aurait jamais dû être autorisé. Cela ne peut pas se reproduire", a-t-il déclaré au Congrès.

Pour Tim Cook et Apple, la plupart des interrogations portaient sur les pratiques de l'App Store. Lucy McBath, démocrate de Géorgie, a soulevé des allégations selon lesquelles Apple aurait retiré les applications de ses concurrents de son App Store.

"Si Apple ne cherchait pas à nuire à ses concurrents pour aider sa propre application, pourquoi Phil Schiller, qui dirige l'App Store, a-t-il fait la promotion de la fonction Temps d'écran auprès des clients qui se plaignaient du retrait des applications rivales de contrôle parental?", a demandé Lucy McBath.

Pour Alphabet, Google et Sundar Pichai, ce sont les politiques publicitaires de l'entreprise qui ont été examinées à la loupe. Pramila Jayapal, démocrate de l'État de Washington, a demandé à Google s'il pouvait être autre chose qu'un monopole alors qu'il contrôle 90 % du marché mondial de la recherche en ligne.

Il y a eu beaucoup d'esquives, de pirouettes rhétoriques et de grimaces de la part des grands patrons de la tech. Jeff Bezos d'Amazon a déclaré plus d'une fois ne pas connaître les politiques d'Amazon en matière de collecte de données. Dania Rajendra, directrice d'Athena, un groupe d'activistes à but non lucratif contre le pouvoir centralisé d'Amazon, a déclaré que Bezos semblait ignorer les préjudices généralisés qu'Amazon inflige.

Zuckerberg, qui doit s'habituer à comparaître devant le Congrès pour se traîner inconfortablement sur une chaise, a d'abord prétendu ne rien savoir de l'application Facebook Research controversée qui paie les utilisateurs pour leurs données. Il a par la suite modifié sa déclaration pour reconnaître son existence.

Mais les mots les plus forts de la journée sont peut-être venus de Cicilline, le représentant démocrate du Rhode Island, qui a expliqué dans sa déclaration finale: "Ces sociétés, telles qu'elles existent aujourd'hui, ont un pouvoir monopolistique. Certaines doivent être démantelées, toutes doivent être correctement réglementées et tenues pour responsables. Il faut que cela cesse".

Nous devrons attendre de voir quel type de législation antitrust sortira de ces audiences, mais le vent semble quelque peu tourner sur les plus grands géants de la tech.

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Source : The Guardian

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16 Commentaires

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  • phil depuis 1 mois Lien du commentaire

    Ce qui est dommage c'est qu'en Europe & France on ne fait que vouloir taxer les GAFA, mais après rien ne change ! Ils continuent leur petite popote à profits et anti concurrence, la réglementation n'évolue pas à mon sens...


  • Et dire qu'il a fallu attendre un pouvoir populiste comme celui de Trump (au moins du point de vue libéral ou progressiste) pour voir les GAFA attaqués en justice.
    Alors que leurs pratiques anticoncurrentielles sont loin d'être nouvelles, qu'ont donc fait les défenseurs des plus faibles et de l'économie plus "classique" ? Tournez la tête ailleurs comme d'hab...


    • Bah non, déjà dans les années 80, l'opérateur AT&T a été demantelé (son oligopole), IBM a fait l'objet d'un recours antitrust mais sans succès ces deux là c'était sous Reagan.

      Microsoft a failli se faire démanteler en 90, c'était sous Bush senior.

      Et Apple aussi a du faire face à de nombreux recours en 2012/2013, sous Obama.

      Et dans tous les cas, le gouvernement ni Trump n'ont rien à voir là dedans, c'est le parlement américain qui a l'initiative.


      • C'est curieux qu'à chaque fois que quelque chose à été tenté aux USA, c'est sous un gouvernement républicain... un hasard probablement (Reagan, Bush...)
        C'est comme si je cherchais à savoir pourquoi, en France, les gouvernements de gauche privatisent plus que ceux de droite ?
        Mais je n'ai pas à le faire puisque l'origine de la gauche c'est justement le libéralisme politique comme économique (les Physiocrates sous Louis XIV)
        Seulement, en France, on a des "pudeurs de jeune fille" pour jamais le rappeler...

        D'ailleurs notre vaillant Président ne vient-il pas d'un gouvernement de gauche, encore un hasard probablement !


      • Donc Obama c'est la droite américaine?
        Il faut distinguer le Président/gouvernement et le Parlement.

        Ce sont deux pouvoirs distincts. Et dans le cas de ces audiences autour des lois antitrust, c'est bien le parlement qui prend l'initiative de constituer une commission qui est composée de députés (les représentants aux US) qui mènent cette enquête.

        Le président de ladite commission, David Cicilline est démocrate.

        Encore une fois, ce n'est pas Trump ni son gouvernement qui font quoi que ce soit.

        En l'occurrence, la majorité parlementaire aux US actuellement est démocrate. Je parle bien de la majorité du parlement ou l'équivalent de l'Assemblée nationale (on dit the House aux US).
        Le sénat (the Senate), la seconde chambre, est à majorité Républicaine, les deux chambres forment le Congrès.

        Donc les histoires de gouvernement républicain n'ont rien à voir là-dedans.

        Et en 1982, lors du démantèlement d'IBM, l'une des seules attaques en justice sur le fondement des lois antitrust contre une entreprise tech à avoir marché, la majorité parlementaire était... démocrate.

        nas


      • Je comprends l'opinion politique que tu essaies d'exprimer même si je ne la partage pas. Mais dans ce cas précis, ton argument est faux.

        C'est un biais de confirmation dont on a tous été coupables un jour où l'autre.

        Mais là entre toi et Luna, ça fait 5 commentaires qui propagent de fausses informations que je me dois de contextualiser.

        Alors j'adore sincèrement échanger dans les commentaires, surtout avec des opinions divergentes des miennes et surtout lorsque c'est cordial comme ici, mais restons exacts sur les faits ;)

        nas


      • Luna depuis 1 mois Lien du commentaire

        Faut pas se donner autant de peine, ça ne changera pas notre opinion de vieux baroudeurs.
        Vous croyez vraiment que vous pouvez faire la leçon à Louis, quelle blague !!


      • C'est le dernier de mes soucis de vous faire changer d'avis ou la leçon. Par contre quand on propage des faits erronés comme étant certains à des fins idéologiques, là ça me concerne.

        C'est super d'être plein de certitudes et d'être hautain comme tu l'es. Mais si tu passais 5 minutes de plus à te factchecker sur Wikipédia plutôt que de me signifier ton mépris, ça diviserait le nombre de commentaires sous chaque article par 3.


      • Personnellement, je revendique de pouvoir changer d'avis (et de pouvoir discuter avec des personnes possédant des avis divergents) devant les faits établis mais je n'en ai PLUS beaucoup l'occasion...
        Mais je peux tout à fait tomber dans un biais de confirmation quel que soit le sujet... comme tout un chacun.
        D'ailleurs depuis quelques mois, j'ai tellement vu d'hommes politiques français dire et faire le contraire de ce qu'il avaient toujours soutenu et défendu (j'évite de rappeler le sujet puisque il a fait polémique ici) que je me sens bien impuissant face à de tels revirements.
        Bizarrement, les médias qui auparavant ne rattaient aucune occasion de désigner les erreurs des mêmes "oublient" maintenant ces énormes contradictions. Pour autant, je n'y vois aucun complot mais seulement une trop discrète connivence.


      • Luna depuis 1 mois Lien du commentaire

        @antoine Engels

        No way, ce n'est pas du mépris c'est le retour expérience de la vache qui a voit passer les trains ou du thon qui voit passer les navires...


  • Luna depuis 1 mois Lien du commentaire

    Faudra que ça cesse, tout comme les pratiques anti-concurentielles contre contre Huawei


    • C'est pas la même chose.

      nas


      • Luna depuis 1 mois Lien du commentaire

        Un peu quand même quand pour son intérêt on ruine la concurrence, on augmente les taxes d'importation chinoises, on délocalise en Inde, on fait pression sur ses partenaires pour acheter américain.


      • Ok, mais les lois antitrust dont on parle pour les Gafas, c'est pour éviter de se retrouver avec des cartels, des monopoles/oligopoles et donc limiter les abus de position dominante.

        Donc ces pratiques d'acteurs privés, si elles sont avérées, sont par définition illégales.

        L'embargo américain contre Huawei est émis par un acteur public (l'Etat) et est par définition légal. Huawei peut attaquer les US et l'a déjà fait à plusieurs reprises pour contester la légalité de cette décision.

        Donc à une certaine échelle et sous un certain angle, ça peut avoir les mêmes effets. Mais c'est absolument pas la même chose.

        Les USA ne sont pas des concurrents de Huawei, on n'est pas dans l'antitrust.


      • Luna depuis 1 mois Lien du commentaire

        Donc ces pratiques d'acteurs privés, si elles sont avérées, seront illégales que sur le marché Anglo-américain, mais la norme sur les autres marchés, de qui se moque t'on !!


      • Bah le recours contre les Gafas, et qui a déclenché cet audit devant le Congrès, a été formé aux US donc bon.

        En France on n'a pas de lois antitrust. Mais on a l'Autorité de la concurrence qui traite ces questions d'abus de position dominante. Apple s'est pris une énorme prune en mars pour ses pratiques anticoncurrentielles vis à vis de vendeurs tiers, par exemple.

        Et en Europe on a aussi l'échelle de l'UE, avec le droit de la concurrence qu'applique par exemple la Commission européenne lorsqu'elle enquête sur l'acquisition de FitBit par Google.

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